« Surgir sans contexte, oublier les origines, oublier le temps, être un objet-monde qui jaillit dans la plénitude de sa beauté, un joyau. L’air, l’eau, la lumière. Coup de foudre pour l’union cachée et le miracle de la photosynthèse. » (Florence Toussan, 2020, Nous sommes lichen – catalogue d’exposition, ed IMIS)

Bio-indicateurs de la pollution atmosphérique, les lichens se trouvent partout, sur les pierres, les troncs, dans l’herbe et sur les branches, accrochés aux mousses, ou sur de vielles souches, même dans les endroits les plus improbables. Leur observation, leur morphologie, nous renvoie à des archétypes profondément enfouis en nous, univers ancestral, odeurs, visions, sensations qui nous portent hors du temps.

Série Bio-indicateurs – Tirage sur papier RC ou Lambda, encollé sur dibond – Dim 80 x110 cm

Pour cette série photographique, j’ai accumulé un nombre conséquent d’images, toujours saisies de la même façon, selon le même protocole et les mêmes paramètres. Ces lichens, détachés de leur environnement sont captés volontairement seuls, isolés de tout contexte, flottant sur fond noir et magnifiés dans leur posture naturelle, pour faire valoir, à cette échelle, la biologie symbiotique de leur apparence, présentée ici comme contingence. La nature cachée de ces êtres symbolise des questions actuelles d’ordre environnementales, relationnelles et structurelles. Le sujet et l’environnement agissent là, l’un avec l’autre et se définissent à partir de cette réciprocité